COUCOU LES PETITS LOUPS

Les loups et les corbeaux

L'abandon de nourriture aux corbeaux peut-il avoir un impact sur les loups

 

L'étude explique que les relevés ont été effectués par avion sur 44 circuits prédéterminés en hiver, la neige favorisant le décompte du nombre d'attaques mais pouvant recouvrir parfois les traces faussant le calcul (de 1%) proies tuées en fonction du temps. En revanche, les chercheurs ont réussit à estimer que dans une meute de 5 loups, un individu consommait 0,88 caribous par mois (calcul de la prise alimentaire en fonction de l'âge et du poids de la proie en kg par loup par jour).

Une meute est habituellement constituée d'adultes, de jeunes adultes de 10 à 54 mois apparentés ou non ainsi que les jeunes de la portée de l'année (4 à 5 louveteaux en moyenne, 13 au maximun), le tout encadré par le couple reproducteur et par les éléments subalternes. Ce regroupement n'est pas uniquement lié à la sélection de parentèle puisqu'on n'explique pas le rassemblement des loups ou des individus non apparentés. Malgré l'existence de 90% d'espèces carnivores solitaires, on peut se demander pourquoi les loups vivent en groupe ? On en déduit qu'ils doivent en tirer un avantage jusqu'à un certain nombre où les inconvénients et coûts à cette vie en société deviennent supérieurs aux bénéfices. Dans cette étude les chercheurs ont travaillé sur un fait qui n'avait jamais été pris en compte : l'abandon de nourriture aux charognards ou encore le vol de nourriture par ceux-ci. On peut effectivement supposer que si les charognards sont nombreux, il pourrait s'exercer une forte pression sur les groupes de petite taille ou les individus solitaires, conférant donc à la capacité à former des meutes un avantage sélectif (augmentation du taux de réussite lors de la chasse, plus de nourriture par individus, plus de protection contre les charognards...). Les corbeaux sont surtout présents sur les cadavres de grosses proies (type caribou coucou), ce qui semble logique car les restes sur une souris après le passage d'un loup ne sont pas importants.

Les individus de la meute contrôlent les arrivées et les départs de celle-ci en fonction des ressources disponibles et du degré de parenté entre les membres du clan afin d'éviter la consanguinité. Face à ce comportement, les chercheurs se sont posés 2 questions :

- Pourquoi les théories prévoient une taille des meutes très inférieure aux résultats observés ?

-La corrélation avec les abandons aux corbeaux peut elle réduire cette différence ?

 

Ceci prouverait donc que l'économie de l'exploration du milieu en groupe favoriserait bien la formation de meutes importantes chez les loups.

 

Interactions entre loups et corbeaux

En Amérique du Nord, les corbeaux sont toujours présents sur les proies de grande taille tuées par les loups, on dénombre ainsi 6 à 25 voir plus de 100 corbeaux par carcasse. Ils prélèvent tout de même 0,5 à 2 kg de viande sur un caribou de 300kg. De plus, les interactions sont tellement fortes que les meutes sont suivies même en l'absence de proies. Par conséquent, lors de leurs repas, les loups doivent manger vite ou rester à proximité de la carcasse pour la défendre des charognards car il est coûteux d'un point de vue énergétique de les repousser, donc la prise alimentaire d'un loup sur un caribou avoisine la limite métabolique compte tenu de l'effort fourni pendant la chasse. Il faut noter que 20 à 30% des loups meurent par an de façon naturelle, ceci étant du surtout à la famine où a des issues de combats des intrus pour protéger la nourriture. Les chercheurs ont estimés qu'en présence de corbeaux, les loups sont obligés de chasser 2 fois plus, le but de cette publication est donc de prouver que ces pertes sont diminuées lors de la vie en groupe.

 

Les calculs mettent en jeu l'influence des corbeaux sur le taux de prédation des meutes de loups. Ils prennent en compte le nombre de loups puis la perte aux charognards estimée en poids brut et l'influence qu'ont ceci sur le taux de consommation journalière nécessaire pour contrebalancer les coûts de ce mode de vie. Ils en déduisent que si cette perte est importante (20 kg de prélevés par les chaarognards), cela peut expliquer pourquoi on trouve des meutes de loup de taille importante. En effet, la perte en kg/jour/loup pendant la vie en société est contrebalancée par la défense des carcasses contre les charognards qui est alors plus efficace quand les loups sont plus nombreux. Les loups maximiseraient effectivement leur succès à la chasse en évoluant en meutes importantes car la nourriture préservée des charognards est en quantité suffisante pour contrebalancer les coûts de la vie en société.

Les corbeaux ont la même distribution géographique que les loups, ces obsevations permettent d'expliquer pourquoi la prédation des loups est 3 fois plus importante dans des régions où les proies sont grosses (10 kg de plus/loup/jour) car le surplus est sûrement perdu aux charognards. Le corbeau est alors considéré comme un parasite. Chez les autres espèces carnivores, on observe le partage avec les membres du groupe plutôt que céder ses prises aux charognards, comme le Lycaon où l'exemple srait le plus flagrant.

Pour les espèces solitaires, les petits carnivores mangeant de petites proies na laisseraient pas assez de nourriture aux charognards pour les intéresser et les grands carnivores comme le guépard, cachent leur nourriture pour éviter le pillage par des charognards.

 

 

source sur le net

 

 

 



10/08/2011
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